La fresque

La fresque s’inspire d’un buste de Madelgaire, comte de Hainaut. Le buste est flanqué du pavois, ces oriflammes dont les Sonégiens attendent chaque année impatiemment la sortie le samedi de Pentecôte et qu’ils surnomment affectueusement « caleçons ». Soignies devient donc officieusement la seule ville à afficher toute l’année l’intimité de son fondateur.


Madelgaire naquit en 607 à Strépy. Issu de l'aristocratie franque, il fréquenta la cour de Dagobert Ier. Madelgaire épousa Waudru, la fille de Walbert, le gouverneur du Hainaut. Ils eurent quatre enfants, puis, Waudru et Madelgaire décidèrent de se retirer du monde et d’entrer en vie religieuse. Waudru fonda Mons tandis que Madelgaire, sous le nom de Vincent, établit un ermitage qui fut l’origine de la ville de Soignies.

Le thème de cette peinture murale est donc en lien direct avec l’histoire de la ville. Il rappelle que la ville s’est développée à l’ombre de la collégiale Saint-Vincent, centre des offices paroissiaux, siège d’une importante communauté de chanoines et pôle de pèlerinages.

Ce même thème est également à mettre en lien direct avec le rôle joué par les comtes de Hainaut dans l’histoire de la ville. A travers la charte de franchises octroyées aux burgenses en 1142 et confirmée par le comte Baudouin V de Hainaut en 1200, ce sont bien les comtes de Hainaut qui fondent, dans l’environnement direct de la collégiale, la communauté civile des bourgeois de Soignies.

Si certains verront dans la figure représentée celle de Vincent considéré comme le fondateur d’un monastère destiné à susciter le développement d’une ville, d’autres pourront y voir, dans son costume officiel et sa figuration traditionnelle, l’image des comtes de Hainaut, symbole de l’appartenance de la ville à ce comté et, depuis la fin du 19ème siècle, à cette province. Puisque l’on vit dès le moyen âge, en Madelgaire, dit aussi Vincent, le premier des comtes de Hainaut.

Cette image est donc symbolique de plusieurs points de vue. A cet égard, elle ne se prétend pas un portrait réaliste. Elle est d’ailleurs une évocation directement inspirée par un buste présent parmi les œuvres d’art conservées depuis des siècles dans le trésor de la collégiale et désormais protégé par le Musée du Chapitre.

Une fresque sœur a été inaugurée l’année passée à Hautmont. Elle accueille les visiteurs de cette cité ouvrière des Hauts-de-France elle aussi fondée par Madelgaire devenu Vincent.



Elle fait la fierté des Hautmontois depuis que les très nombreuses réactions positives à la modernité de l’œuvre ont balayé les réticences de quelques-uns